LA REGLEMENTATION
Composition
L’arrêté du 21 avril 1997 (JO du 29 avril 1997) rend obligatoire l’ensemble des normes NF EN 3 pour les extincteurs portatifs vendus en France.
Une estampille NF de couleur grise et délivrée par le CNMIS garantie la conformité de l’appareil.
Sur ces estampilles, apparaissent 4 chiffres, les 2 premiers représentent l’année de l’appareil, les 2 suivants l’identification du constructeur.
Le marquage sur l’extincteur est composé de 5 parties :
| 1. le mot « extincteur »,
le type d’agent extincteur,
sa charge nominale et les foyers types 2. le mode d’emploi et les classes de feu 3. Restrictions et dangers d’utilisation 4. La mention de ’recharger l’appareil après usage même partiel’, La mention de vérifier périodiquement et de n’utilise pour le rechargement que des pièces de rechanges conformes au modèle agréé, L’identification de l’agent extincteur et notamment l’identification et la concentration des additifs, L’identification du gaz auxiliaire (le cas échéant) Les numéros de référence d’agrément La désignation du modèle La température limite Une mise en garde contre le risque de gel Une référence à la norme EN 3 5. Le nom et l’adresse du responsable de l’appareil |
LE CODE DU TRAVAIL
Art. R. 232-12-17
| Les chefs d’établissement doivent prendre les mesures nécessaires
pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et
efficacement combattu dans l’intérêt du sauvetage du personnel. Le premier secours est assuré par des extincteurs en nombre suffisant et maintenus en bon état de fonctionnement. Il y a au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres au minimum pour 200 mètres carrés de plancher, avec un minimum d’un appareil par niveau. ( Décret no 94-346 du 2-5-94) Lorsque les locaux présentent des risques d’incendie particuliers, notamment des risques électriques, ils doivent être dotés d’extincteurs dont le nombre et le type sont appropriés aux risques. Les établissements sont équipés, si cela est jugé nécessaire, de robinets d’incendie armés, de colonnes sèches, de colonnes humides, d’installations fixes d’extinction automatique d’incendie ou d’installations de détection automatique d’incendie. Tous les dispositifs non automatiques doivent être d’accès et de manipulation faciles. Dans tous les cas où la nécessité l’impose, une quantité de sable ou de terre meuble proportionnée à l’importance de l’établissement, à la disposition des locaux et à la nature des travaux exécutés est conservée à proximité des emplacements de travail, avec un moyen de projection, pour servir à éteindre un commencement d’incendie. Toutes ces installations doivent faire l’objet d’une signalisation durable, apposée aux endroits appropriés. |
LES REGLEMENTATIONS E.R.P
Art. MS 38
Objet
| paragraphe 1
Les établissements doivent être dotés d’appareils mobiles tels que : * seaux-pompes d’incendie ; * extincteurs portatifs ; * extincteurs sur roues, pour permettre au personnel, et éventuellement au public, d’intervenir sur un début d’incendie. paragraphe 2 Ces appareils doivent être conformes aux normes françaises les concernant. |
Art. MS 39
Emplacement
| Les appareils mobiles doivent être répartis de préférence dans les dégagements, en des endroits bien visibles et facilement accessibles. Ils ne doivent pas apporter de gène à la circulation des personnes et leur emplacement doit être tel que leur efficacité ne risque pas d’être compromise par les variations éventuelles de température survenant dans l’établissement. (Arrêté du 2 février 1993) Les extincteurs portatifs doivent être accrochés à un élément fixe. |
Art. U 42
Moyens d’extinction
| § 1. La défense contre l’incendie doit être assurée : par des extincteurs portatifs à eau pulvérisée de 6 litres minimum, judicieusement répartis, avec un minimum d’un appareil pour 200 mètres carrés, de telle sorte que la distance maximale à parcourir pour atteindre un appareil ne dépasse pas 15 mètres ; par des extincteurs appropriés aux risques particuliers. (...) |
h3 class="spip">LA REGLE R4 -APSAD
« Chaque zone de base (même zone géographique en communication,
même classe de feu et même activité) doit être doté d’une unité de
base »
Le nombre d’extincteur à pourvoir varie suivant deux critères : l’activité et la classe de risque .
L’activité de l’établissement considéré fera varier le nombre d’extincteurs à implanter
La classe de risque induira en plus l’apport d’un extincteur approprié au risque :
« Dans les zones contenant certains risques spécifiques, il conviendra de rajouter une dotation complémentaire ».
LES REGLES D’IMPLANTATION
PROTECTION
L’ensemble de la protection d’un bâtiment est constituée par :
• la protection générale
• la protection complémentaire
• la protection d’activités particulières
LA PROTECTION GENERALE
Activités
Secondaire ou tertiaire
Communication
Les zones sont considérées comme non communicantes si :
• elles sont non contiguës
• elles sont contiguës mais les obstacles les séparant ne permettent pas d’accéder à un extincteur.
Zone de base
Une zone de base est une zone dans laquelle :
• est exercée une même activité
• existe la même classe de feu
• toutes les parties sont communicantes
Unités de base
| Activité industrielle | Activité tertiaire |
|---|---|
| 1 extincteur de 9 L eau ou, 1 extincteur de 9 L eau avec additif ou, 1 extincteur de 9 kg poudre ABC ou, 1 extincteur de 9 kg poudre BC ou, 1 extincteur de 9 L mousse ou, 3 extincteurs de 5 kg CO2 |
1 extincteur de 6 L eau ou, 1 extincteur de 6 L eau avec additif ou, 1 extincteur de 6 kg poudre ABC ou, 1 extincteur de 6 kg poudre BC ou, 1 extincteur de 6 L mousse ou, 2 extincteurs de 5 kg CO2 |
Dotation de base
On implante alors une unité de base pour 200 m² de surface au sol ou fraction de 200 m². Cela constitue l’installation de base.
Ex : pour un local de 250 m², on implante 2 appareils
LA PROTECTION COMPLEMENTAIRE
A cette protection de base, s’ajoute une protection complémentaire pour des zones comportant certains risques complémentaires.
Quel que soit la configuration, un extincteur ne doit pas être placés à plus de 5 mètres du danger qu’il protège.
Dangers localisés
Voici quelques uns de ces risques :
| Dangers localisés |
| .
Appareils de chauffage Cabine de peinture Machinerie d’ascenseur Ensemble bureautique Armoire électrique Transformateurs Compresseurs Moteurs électriques Groupes électrogènes Travaux par point chaud etc. |
La capacité des extincteurs présents dans ces zones de base peut être inférieure à celle de l’unité de base et contenir un agent différent si le risque particulier le demande. En revanche, si l’agent extincteur est le même que pour l’unité de base et que l’extincteur se trouve à moins de 5 m du risque localisé, alors il n’y a pas besoin de protection complémentaire.
STOCKAGES
Stockages intérieurs aériens de liquides ou de gaz inflammables
La protection doit dans ce cas être complétée au minimum selon le tableau ci-dessous :
| Quantité de liquide (L) ou de gaz (kg) inflammables | Installation complémentaire |
| - Pas d'équipement supplémentaire | |
| Entre 101 et 500 | - 1 extincteur de 9 kg poudre ABC ou BC |
| Entre 501 et 3000 | - 2 extincteurs de 9 kg poudre ABC ou BC |
| > 3000 | - 2 extincteurs de 9 kg poudre ABC ou BC et 1 extincteur de 50 kg poudre ABC ou BC |
Ce tableau concerne tous les liquides et gaz inflammables dont le point éclair se situe entre 0 et 100°C, les mazout et les fuels lourds, à l’exception de la dernière ligne car un stock de produits inflammables de 2ème catégorie (point éclair entre 55 et 100° C) ou peu inflammables ne nécessite un extincteur sur roue qu’à partir de 30 000 L.
Stockages en hauteur
La protection des stockages de plus de 3 mètres de hauteur doit être complétée (sauf si installations de RIA conforme) :
d’un extincteur sur roue 50 Kg poudre polyvalente ABC ou
d’un extincteur 45 l eau avec ou sans additif
Par fraction de 1000 m² et à partir de 400 m² de zone de stockage en hauteur
IMPLANTATION
Les appareils doivent être implantés :
• sur les murs ou les poteaux,
• solidement
• de manière uniforme
• de telle sorte que la poignée ne se situe pas à plus de 1,50m du sol,
• de manière à être accessibles et visibles
L’emplacement des extincteurs doit être signalée par une inscription de loin (ex photo ci-contre)
Efficacité
Un extincteur n’est efficace que s’il est adapté au feu qu’il est censé éteindre :
| PRODUITS EXTINCTEURS |
CLASSES DE FEU |
EXEMPLES | ACTION DU PRODUIT |
| EAU Jet pulvérisé Jet pulvérisé + additif |
A + B A + B |
Bois , papier Fuel lourd Bois , papier Fuel lourd Fuel domestique Gas-oil |
Refroidissement Refroidissement Etouffement |
| EAU + additif | A + B | Bois , papier Essence Fuel domestique Fuel lourd Certains Plastiques |
Refroidissement Etouffement |
| POUDRES
Bicarbonate de soude |
B + C A + B + C |
Alcool Essence Propane Acétylène Bois Alcool Essence Propane Acétylène |
Inhibition de la flamme Etouffement Inhibition de la fla me |
| CO 2 Dioxyde de carbone |
B + C | Alcool Essence Propane Acétylène |
Inhibition de la flamme Etouffement |
SUR LES CLASSES DE FEU
. Classe A
Le combustible type de la classe A est le bois, dont l’extinction complète nécessite :
Un abattage des flammes,
Un noyage des braises.
Classe B
Les liquides
L’abattage des flammes assure l’extinction définitive à condition de supprimer tout risque de réallumage si les critères de propagation sont respectés
Classe C
Il s’agit de tous les gaz combustibles (propane, acéthylène, oxyde de carbone).
L’extinction des feux de gaz doit IMPERATIVEMENT ETRE PRECEDE de la suppression de l’arrivée du combustible à chaque fois que cela est possible (fermeture de robinets ou de vannes par exemple).
Classe D
Il s’agit de métaux notamment : le magnésium, l’aluminium, le zinc, le sodium, le potassium.
Tout agent extincteur contenant de l’eau est à rejeter. En effet, en présence de chaleur et d’eau, la décomposition de ces corps peut produire de l’hydrogène et une explosion.
Classe F
Il s’agit d’huiles
LES TYPES D’EXTINCTEURS
Les Extincteurs à dioxyde de carbone (CO2)
extincteur CO2Le CO2 a pour effet d’étouffer les flammes et comme il s’agit d’un gaz, permet de se faufiler partout. Ils sont particulièrement recommandés pour les incendies électriques et est non destructif pour les appareils (... du moins ceux qui n’ont pas encore brûlé ! ) Ils ne sont par contre pas du tout actifs pour les feux qui produisent de la braise (bois, papiers, cartons, barbecues ...)
| NATURE DE L’EXTINCTEUR | CAPACITE | DISTANCE DE DEPART |
|---|---|---|
| Dioxyde de carbone 2 kg | 2 kg | 0,5 à 1 mètre |
| Dioxyde de carbone 5 kg | 5 kg | 1 mètre |
Les extincteurs à eau pulvérisée
extincteur à Eau avec additifCe sont les extincteurs d’usage général ;
L’eau (munie d’additifs) est évacuée sous forme de fines gouttelettes, ce qui permet de l’utiliser même en le dirigeant vers des sources électriques jusqu’à 1000 Volts. L’eau a pour effet de refroidir le foyer, ce qui est efficace. Par contre, elle ne peut pas se propager partout comme le fait le CO2.
| Nature de l’extincteur | capacité | Distance de départ |
| Eau pulvérisée | 6 et 9 l | 2 mètres |
Les extincteurs à poudre
extincteur à poudreIls sont très efficaces pour attaquer chimiquement le feu, mais la poudre est générée avec un volume considérable et se propage partout. Elle est destructrice pour les appareils électriques et électroniques. Leur usage est donc à éviter à l’intérieur des bâtiments.
| Nature de l’extincteur | capacité | Distance de départ |
| Poudre (ordinaire ou polyvalente) | 6 et 9 Kg | 3 mètres |
UTILISATION
Rappelons qu’un extincteur a une durée relativement courte (entre 6 et 50 secondes)
L’extinction doit se faire du 1 er coup !
• Prendre l’extincteur en main (éventuellement relire l’étiquette pour s’assurer qu’il est approprié à ce que l’on veut éteindre)
• vérifier la présence du plombage pour éviter d’attaquer le feu avec un extincteur vide
• Enlever la goupille (attention : à ne pas mettre la main sur la poignée ce qui bloquerai le système, ne pas mettre la tête au dessus de l’appareil pendant sa mise en pression)
• Faire en sorte que le jet de l’appareil sorte devant votre visage afin de vous protéger de la chaleur
• Utiliser l’extincteur en visant la base des flammes
Attaquer toujours le feu en se ménageant une possibilité de sortie (dos à une porte par exemple )