Dans notre société, la sensibilisation sur la sécurité n’est pas prioritaire à l’instar des pays anglo-saxons par exemple.
Organiser la sécurité dans un Etablissement Recevant du Public signifie tout d’abord développer un état d’esprit sécurité et une prise conscience réelle doit émerger.
La sensibilisation du personnel
Travailler en E.R.P. signifie "être au service du public" donc force est de constater que le personnel aura d’autres priorités et ne se soucis que rarement de la sécurité. C’est donc au Service de Sécurité de jouer ce rôle d’éducation auprès de ceux-ci.
Afin de pouvoir imposer les mesures du règlement de sé curité, il faut d’abord les faires adopter et sensibiliser le personnel. “A quoi bon fermer une porte d’un local à risque 10 fois par jour si vous êtes certain que le personnel la refermera derrière votre dos ?” .
Les consignes
Les consignes générales et particulières constituent un outil indispensable pour appuyer les actions de prévention des risques.
Libre à vous de les rédiger dans un style et avec des messages percutant. De même l’interface graphique peut vous permettre d’attirer l’attention et motiver les personnes à en prendre conaissance.
Les outils
La sécurité est une obligation de résultat et non de moyens . Dans ce cadre, votre discours doit être entendu et respecté. Une manière de gagner en reconnaissance peut être simple : allier les soucis de fonctionnement et les mises en sécurité. Le service sécurité se doit d’être à l’écoute du personnel (qui mieux qu’eux connaissent leur service et les risques inhérents ?). Cependant ce ne doit pas être un prétexte pour laisser des prescriptions non réalisées.
Vous avez divers outils pour vous aider :
les fiches d’évênements indésirables
| Au niveau nationnal, il existe un document, souvent mis en place
par le service qualité lorsqu’il existe, permettant de recenser toutes
les situations anormales d’un établissement. Cela peut être un bon
moyen de faire remonter l’information. En effet, ce document permet : une remontée automatique à la Direction Générale Théoriquement à partir d’un seuil de risque de 64 (probabilité x gravité), une fiche de suivi doit être remise au cadre pour justifier l’incident. Comment un cadre pourra t-il justifier une porte coupe-feu câlée ? |
Les contrats
| Si vous disposez d’un S.S.I dans votre bâtiment, il y a de forte chance pour que vous ayez un contrat d’assistance précisant :
des dates de vistes de maintenance préventives, les modalités d’intervention de dép nnages (sous astreinte). Pourquoi ne pas étendre ces contrats pour tous les D.A.S. ? En effet, il peut être judicieux de prévoir la maintenance préventive sous délais imposés d’intervention (portes CF, clapets, volets de désenfumages, blocs secours, etc. ) Ainsi, en cas de défaillance d’un D.A.S. vous maîtriserez les délais de réparation et de remise en service |
Intranet
| Votre établissement dispose d’un réseau intranet ? Servez vous-en ! Pensez sur la page d’accueil à rappeler les n° de télephones d’urgences interne ( aucun autre service ne peut y avoir pensé), Rappeler les différentes consignes de l’établissement, L’occasion peut être intéressante pour représenter sur une page à part la liste des départs de feu dans les autres établissements afin de sensibiliser le personnel, Et pourquoi pas Enfin voyer avec votre service informatique pour immaginer le genre de services que vous pourriez mettre à disposition du personnel (pourquoi pas un petit QCM sur la sécurité ? et pourquoi pas une fois par an organiser un petit concours QCM avec à gagner des lots offerts par vos prestataires incendie (détecteurs pour domicile, extincteurs de voiture,etc.) ? Le réseau Intranet est un bon moyen de communiquer car beaucoup de personnes le prendront en détente au lieu de réunions formelles ou notes de services trop fréquentes |
Revue
Pensez bien qu’un des plus importants soucis d’une grosse structure est la communication. Vous pouvez tirer partie de cette situation. En effet, combien de services sont prévenus des schémas Directeurs, des opérations de restructuration ? Vous pouvez à cette occasion créer un \ journal sécurité (mensuel ou trimestriel par exemple). Cette revue sera l’occasion de traiter de thèmes d’actualité, d’informer sur les travaux en cours et la vie de l’établissement mais également d’aborder des impositions du règlement de sécurité sous un angle plus ludique, plus original. (par exemple : citer les cas d’actualité et les peines prononcées, expliquer plus en détails la raison des mesures imposées voir même réaliser des petites planches sous forme de bande dessinée sur les divers thèmes liés à la sécuritéL’organisation
La sécurité est un domaine particulier où l’on estime perdre 75% de ses moyens le jour d’un sinistre. Il est donc délicat de mettre en place une organisation stricte et structurée et surtout avoir la garantie de son respect en cas d’incendie.
Dans ce cadre, l’organisation se doit d’être précise et simple mais aussi connues de tous.
Nous ne nous attarderons pas en détails sur les modalités de mise en place d’une organisation sécurité car celle-ci sera reprise en détails dans un Plan d’Organisation Interne et le schéma d’organisation U41.
Il faut cependant tirer partie de tous les acteurs pour une mise en place optimale, à savoir :
En Interne
L’idéal est de constituer un groupe de travail comprenant :
La Direction générale
Le Biomédical
Le responsable des Installations techniques
Le Directeur des Soins
Le SAMU
En externe
D.D.S.I.S ( Plan Etablissement Répertorié)
D.R.I.R.E ( Installations Classées pour la Protection de l’Environnement dont étude de dangers )
Cette liste n’est pas exhaustive mais représente cependant l’utilité de travailler en transparence et collaboration avec ous ces acteurs.
De plus, l’organisation du site sera ainsi en corellation avec celle des Secours extérieurs. Ce faisant, une r eacute;elle continuité pourra se faire entre l’intervention SSIAP et l’intervention SP.
Le choix d’établir en P.O.I est intéressant dans le sens où, sans aller aussi loin que pour une entreprise SEVESO II, il sera possible de se pencher sur des scénarii types pouvant par exemple être testés lors des manoeuvres internes.
LES SECOURS EXTERIEURS
L’action interne et celle des secours doit être parfaitement coordonnée pour être efficace. Dans ce sens, des rencontres fréquentes sont à organiser avec le S.D.I.S et une intérogation interne doit naître dès le changement d’affectation de locaux ou en cas de réhabilitation.
Cependant toutes ces démarches ne sont que de la théorie et rien ne remplace vraiment la manipulation.
L’idéal restera de tester une ou deux fois par an l’organisation dans les conditions les plus réelles possibles.
| A titre d’exemple il est tout à fait possible d’organiser des
exercices. Un fumigène disposé judicieusement dans un local permettra
de simuler un feu. Ensuite, ayant pris soins de prévenir la Direction
Générale et un officier de la D.D.S.I.S. , laissez le service faire lui
même la démarche d’appeler la sécurité (ou le standard suivant le
bâtiment), de donner son message et mettre en sécurité les patients et
visiteurs. Laissez les pompiers intervenir pour le départ feu, engager
leur moyens et prendre en main la gestion du sinistre. Dès l’intervention terminée, vous aurez les retours suivants : délais de découverte du feu et d’alarme, délais d’intervention interne, délais d’arrivée des personnels en renfort à domicile (sécurité, astreinte,etc.) délais d’intervention des secours failles de l’organisation interne failles de l’organisation des secours publics Un débriefing commenté et détaillé le lendemain permettra de mettre l’accent sur les délais, le déroulement du sinistre et ses conséquences humaines et structurelles et de corriger les points défaillants. |
Nul doute qu’en répétant cette démarche régulièrement, vous vous approcherez d’une organisation évolutive structurée.
N’oubliez pas aussi que si vous possèdez un bâtiment à R+3 et plus, vous avez des colonnes sèches ou humides (peut être rares dans le département), pourquoi ne pas proposer aux pompiers de réaliser certaines de leurs manoeuvres sur votre site ?